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TRIBUNE SYNDICALISTE LIBERTAIRE

TRIBUNE SYNDICALISTE LIBERTAIRE

Ce blog est animé par des militant-e-s syndicalistes libertaires lyonnais-es, organisé-es ou non à la CGA, adhérent-es de différentes organisations syndicales. Il a pour objet la diffusion des propositions que font les militant-e-s syndicalistes libertaires, dans le respect de l'indépendance et de la démocratie syndicale,contribuant au débat en cours dans le mouvement syndical. Ces contributions ont pour but le renforcement du rapport de force en faveur des travailleuses et des travailleurs par le développement des luttes.

[Analyse]A propos du commentaire du blog « communistes libertaires de la CGT » sur notre appel de syndicalistes libertaires pour la défense des retraites.

Publié par tribune-syndicaliste-libertaire sur 13 Octobre 2013, 08:53am

Catégories : #interpro

A propos du commentaire du blog « communistes libertaires de la CGT » sur notre appel de syndicalistes libertaires pour la défense des retraites:

http://communisteslibertairescgt.over-blog.net/article-appel-syndicalistes-libertaires-quelle-unite-de-classe-120327460.html



Une telle interprétation de notre positionnement est pour le moins étonnante, en particulier pour des « communistes libertaires » revendiquéEs.

Une défense basique de l'indépendance syndicale, un simple rappel des cadres de la chartes d'Amiens, devient aux yeux des rédacteurs et rédactrices de ce commentaire une « suspicion envers celles et ceux qui pensent différemment ».

Le refus d'une instrumentalisation politique des syndicats devient l'expression de « vieux démons anarchistes » ayant pour objectif de « rester dans l'entre-soi ».

Mais où ces camarades vont-ils/elles chercher tout cela, si ce n'est dans des préjugés anti-anarchistes primaires ?

Car que disent-ils et elles d'autres que nous, lorsqu'ils affirment «  que les syndicalistes libertaires aient un rôle à jouer en particulier dans le combat contre toutes les tentatives d'instrumentalisation politique des mouvements sociaux » ?

Odieux sectarisme dans notre cas, simple bon sens dans le leur ???


Bien évidemment nous n'avons jamais considéré que les syndicalistes libertaires seraient « à eux et elles seulEs » capables « de construire la mobilisation nécessaire pour faire échec au nouveau projet de casse des retraites ». C'est précisément le sens de notre appel à la mobilisation et l'unité la plus large à la base, mais aussi le sens de notre activité syndicale concrète. Mais pour que l'unité se réalise, encore faut-il analyser concrètement ce qui s'y oppose : notamment les manœuvres fractionnistes dans les syndicats, et la volonté d'utiliser les syndicats pour des objectifs qui leurs sont étranger.


Où se situe donc la divergence ? Sans doute dans l'amalgame implicite que font les rédacteurs de ce blog dans la suite de leur développement entre les « avant-gardes autoproclamées  et quiconque souhaite faire du mouvement syndical un marche pied pour les élections" en instrumentalisant les syndicats, d'une part, et la « grande partie des militants et militantes syndicalistes de la Cgt soit votent aux élections pour des partis de gauche et d'extrême gauche, soit en font partie », d'autre part


Un amalgame que nous n'avons jamais fait. Car nous ne confondons pas les militantEs syndicalistes qui ont une sympathie politique pour la gauche ou l'extrême gauche, qui votent aux élections pour ces partis ou qui en font partie mais qui respectent la démocratie syndicale, avec les militantEs qui opèrent dans les syndicats comme des fractions politiques.

 

Le mouvement syndical est en effet d'abord composé de très nombreux et nombreuses militantEs qui n’ont aucune appartenance partidaire, ce qui n’empêche pas nombre d’entre eux et elles d’avoir une pratique de classe, et une pratique respectueuse de la démocratie syndicale et du fédéralisme. Une pratique qui ne considère pas le syndicat comme un réservoir de voix ou comme une masse à diriger, mais comme une organisation de travailleuses et travailleurs ayant pour objectif la défense de leurs intérêts.
L’immense majorité d’entre elles et eux ne se définissent pas comme anarchistes, et cela n’empêche nullement de se retrouver autour d’une orientation syndicale combattive et démocratique.

 

C’est ce que nous faisons au quotidien dans nos syndicats.

De même, il existe un nombre important de syndicalistes qui, tout en ayant une sympathie partidaire affirmée, ou une appartenance à un parti, ne considèrent pas le syndicat comme une « courroie de transmission » du parti, et respectent la Chartes d’Amiens. Ils et elles ne considèrent pas le syndicat comme une « reserve de voix », mais comme un cadre d’organisation commun avec des travailleurs et des travailleuses qui peuvent défendre des options politiques différentes, mais avec lesquelLEs ils et elles souhaitent s’organiser, par nécessité, pour défendre leurs intérêts de classe.
Celles et ceux-ci ne confondent pas organisation politique et organisation syndicale, ne considèrent pas le plan politique comme supérieur au plan social, n’effectuent pas un travail de « fraction » visant à acaparer les instances de décision syndicale, respectent la démocratie syndicale, et débattent dans les instances syndicales, sans user de manoeuvres visant à promouvoir des intérêts étrangers au syndicalisme.

 

Il en est tout autrement de celles et ceux qui subordonnent le syndicalisme à leur action politique, et considèrent le plan politique comme supérieur au plan social. Ceux-là se comportent concrètement en avant-garde auto-proclamée, en voulant imposer une « ligne » au mépris de la démocratie syndicale ou la démocratie grèviste, ou agissent comme le relais concret, les « bras armés » de carriéristes politique qui ne voient dans le syndicat (ou dans les mouvements de grève) qu’un moyen d’accéder au pouvoir.

 

Leur action a été historiquement à la source non seulement de la division syndicale, mais aussi d’un affaiblissement de l’action syndicale, les syndicats étant instrumentalisés dans une logique de conquête du pouvoir par un parti. C’est ce genre d’action sectaire et partidaire qui empêche l’unité, et c’est pour cela qu’il n’y a aucune contradiction entre la défense de l’unité syndicale, et la dénonciation de manoeuvres fractionnelles avant-gardistes, électoralistes ou bureaucratiques.

L’unité à la base se fait donc hors de tout contrôle d’appareils avant-gardistes ou électoralistes, qui ne sont que des sources de division, et qui privent par leur manoeuvres grévistes et syndiquéEs de leur pouvoir de décision.

Contrairement à ce qu'affirment les rédacteurs et rédactrices du blog « communiste libertaire de la CGT », il n'y a donc aucune contradiction entre l'affirmation de la nécessité d'une unité syndicale, d'une unité de classe et celle du refus de l'action fractionniste et bureaucratique. Bien au contraire, c'est ce genre d'action qui crée la division, en important les conflits politiciens au sein de l'organisation syndicale.

 

Evidemment, cette approche rentre en conflit avec la stratégie de formation d'une « gauche syndicale » défendue par ces mêmes camarades, stratégie qui se structure autour d'alliances d'appareil avec des fractions politiques dans la perspective de « peser » face à la direction confédérale CGT, et ce en faisant aussi peu de cas que celle-ci de la démocratie syndicale et du fédéralisme...

 

tribune syndicaliste libertaire